Google+ Montebourg 06: Prisons : les indignations sélectives

mercredi 7 janvier 2015

Prisons : les indignations sélectives

Indignés, révoltés, outragés... il n'y a pas de mot assez fort pour décrire l'émotion ressentie par Eric Ciotti et Christian Estrosi qui, par l'intermédiaires  des réseaux sociaux, ont découvert, il y a deux jours à peine, que la drogue et l'argent circulaient dans les prisons de Marseille et de Nice.
Immédiatement, comme un seul homme, ils ont rejeté la faute sur l'actuelle Garde des Sceaux, demandant publiquement des comptes à Christiane Taubira.
Dans cette affaire, il faut tout d'abord louer le rôle positif des réseaux sociaux sans qui nos deux élus de la Nation n'auraient visiblement jamais découvert ce qui se passe derrière les murs de nos prisons. Des rapports annuels du Contrôleur général des lieux de privation de liberté sur l'état des prisons en France? Des condamnations récurrentes de la France par la Cour  Européenne des Droits de l'Homme sur les conditions de vie des détenus ? Des récits, des témoignages ? Des études, des colloques... que dis-je, des reportages télévisés ? Non, il aura fallu des photos provocantes de détenus sur Facebook pour que nos deux députés se saisissent de l'épineux problème des prisons françaises.
Savent-ils au moins qu'en tant que parlementaires ils ont le droit de visiter nos prisons à l'improviste pour voir ce qui s'y passe sans attendre que Facebook en parle ?
Si le trafic de stupéfiants est l'un des nombreux problèmes de nos prisons rappelons qu'il ne s'agit malheureusement pas d'un phénomène nouveau, qu'il perdure indifféremment des gouvernements en place et qu'il est indécent d'exploiter la situation carcérale à des fins politiciennes.
Rappelons également qu'un suicide a lieu tous les trois jours dans les prisons françaises. Combien aux Baumettes à Marseille, combien à Nice ou Grasse ? Et combien de tentatives ? De viols ? De sévices ? De pathologies non prises en charge ? De drames humains ? A-t-on entendu alors Christian Estrosi et Eric Ciotti s'époumoner dans la presse ?
Nos élus ont parfois des indignations bien sélectives...

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