Google+ Montebourg 06: Le débat Stark / Montebourg : "Austérité, croissance : le fossé franco-allemand"

vendredi 17 mai 2013

Le débat Stark / Montebourg : "Austérité, croissance : le fossé franco-allemand"

Article publié sur Les Echos.fr le 15 mai 2013 :


L’un plaide pour la mise en œuvre rapide de réformes structurelles et le strict respect du mandat de la BCE. L’autre revendique une approche pragmatique et milite pour une politique monétaire moins rigide. Réunis par « Les Echos » et le « Handelsblatt », Jürgen stark (ancien économiste en chef de la BCE) et Arnaud Montebourg (ministre du Redressement productif) témoignent à leur façon de désaccords profonds entre la France et l’Allemagne.

Jürgen Stark et Arnaud Montebourg - Bruno Lévy pour « Les Echos »
Jürgen Stark et Arnaud Montebourg - Bruno Lévy pour « Les Echos »

Que signifie pour vous, à titre personnel, la relation franco-allemande ?
Arnaud Montebourg : Pour moi, la relation franco-allemande, c’est l’histoire de tous ceux qui sont nés après-guerre, une réconciliation définitive, un mélange de famille, de territoires jumelés. J’ai une cousine très proche qui s’est mariée avec un Allemand. J’ai eu avec lui des débats très enflammés... sur fond de tumultes amoureux.
Jürgen Stark : Je suis né dans le Sud-Ouest de l’Allemagne, autrement dit dans l’ancien département napoléonien Mont de Tonnerre. Entre 14 et 15 ans, j’ai effectué deux séjours linguistiques en Picardie. J’ai gardé le contact avec cet ami français. L’initiative venait de mes parents qui voulaient donner vie à la réconciliation avec la France.

Un des débats qui agite l’Europe aujourd’hui porte sur le bon dosage entre croissance et austérité. La Commission européenne a proposé d’accorder deux années supplémentaires à la France pour qu’elle respecte ses objectifs de déficits publics. Est-ce une bonne chose ?
Jürgen Stark : La Commission n’a pas simplement proposé deux ans de plus à la France. Elle a assorti cette offre d’une condition : la mise en place de réformes structurelles. L’OCDE et le FMI ont fait la même recommandation. Votre gouvernement, Monsieur le ministre, a initié les réformes mais il doit les mener à leur terme et les accélérer. Je crains que le délai supplémentaire pour consolider les finances publiques ne soit dommageable au nouveau traité budgétaire. Dès le premier test, il a été violé et n’est déjà plus crédible.
Arnaud Montebourg : Le monde entier s’inquiète que l’Europe soit la seule région au monde qui ne connaisse pas la croissance. Un consensus mondial d’économistes dont le prix Nobel d’économie, Paul Krugman, le FMI et le secrétaire américain au Trésor Jack Lew, s’étonnent de la façon dont l’Europe cultive de façon exclusive cette obsession des comptes publics. Le président de la Commission européenne Manuel Barroso, dont je salue l’évolution, et même le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, ont reconnu que l’Europe y allait trop fort dans l’austérité au point de tuer la croissance. Cette politique hémiplégique, polarisée sur les seuls comptes publics au point d’oublier la croissance, risque de désespérer les peuples européens car elle crée beaucoup de chômage. L’Italie, la France et l’Allemagne voient surgir des partis qui ont dans leur programme la fin de l’euro. La France fait preuve de son côté de sérieux budgétaire: elle a accompli en deux ans un effort structurel de 3,9 pt de PIB en deux ans.


Jürgen Stark : Beaucoup de pays en Europe se plaignent de l’austérité mais seule la Grèce l’a vraiment appliqué. Elle a ainsi amélioré son solde budgétaire de 14 points depuis 2009 – hors remboursement de la dette. La France l’a amélioré de 3 points, soit un point par an. On ne peut pas parler d’austérité. Il s’agit seulement d’une consolidation budgétaire. Je ne partage pas les arguments de Krugman - au passage je pense que le Prix Nobel est surfait et qu’on ferait mieux de l’abolir. Il est vrai que l’Europe est à la traîne de la croissance mondiale. C’est lié aux excès du passé et au fait que les banques n’accordent pas assez de prêts car elles n’ont pas été suffisamment recapitalisées, contrairement aux banques américaines. Une autre différence avec les Etats unis, c’est le marché du travail. Là-bas, il est flexible, en Espagne le système protège ceux qui ont déjà un travail et freine l’accès à l’emploi des jeunes.
Arnaud Montebourg : Vous contestez l’autorité du Prix Nobel mais je pourrais vous citer une longue liste d’économistes aussi éminents que vous et qui pensent la même chose que lui.
Jürgen Stark : je pense qu’il faut dépasser Keynes. Concernant les politiques de long terme, il dit qu’à terme, nous mourrons tous. C’est vrai mais cette réflexion est stupide. L’endettement moyen en Europe est de 90% et il atteint 130% en Italie. C’est irresponsable de continuer à accumuler les déficits et les dettes et laisser un lourd héritage aux générations à venir.
Arnaud Montebourg : Oui mais des politiques de consolidation budgétaire excessives peuvent conduire à l’augmentation du fardeau de la dette. Entre 2010 et 2012, les pays qui ont réalisé les efforts structurels les plus importants, c’est à dire l’Italie, l’Espagne et la France, sont ceux qui le payent le plus cher en termes de chômage qui culmine à 26% en Espagne !

Faut-il abandonner cette règle nominale des 3% ?
Arnaud Montebourg : Si nous voulons résorber le déficit, il nous faut de la croissance. Cette règle des 3% a souvent été violée, même en période de croissance, en particulier par la France et l’Allemagne. Et on nous demande de la tenir en période de crise à un rythme effréné ? Ce n’est pas sérieux et cela risque de produire un effet inverse. La Commission s’en rend compte en accordant deux ans supplémentaires à la France. C’est pourquoi on se bat pour desserrer l’étau budgétaire, monétaire et juridique : c’est ce triple verrouillage, qui étouffe la croissance. La croissance est l’alliée de la réduction des déficits mais la réciproque est-elle vraie ?

Vous êtes au moins d’accord sur le fait que la France n’est pas dans l’austérité. Il faut améliorer la compétitivité. Quelles sont les priorités en France ?
Arnaud Montebourg : Nous avons accumulé depuis une dizaine d’années des problèmes de compétitivité sérieux auxquels nous avons décidés nous attaquer. Nous consacrons 20 milliards de réduction d’impôt aux entreprises qui emploient de la main d’œuvre à hauteur de 6% des coûts salariaux. Nous avons étendu le crédit impôt recherche. Enfin, nous avons ouvert un cycle nouveau de rapports sociaux constructif à travers l’accord de sécurisation et de maintien de l’emploi dont Renault a donné un exemple de mise en œuvre : effort mutuel des dirigeants et des salariés contre relocalisation sur la base industrielle France.

Monsieur Stark, comment voyez-vous ces réformes et ne trouvez-vous pas que l’Allemagne a abandonné les réformes depuis 2005 ?
Jürgen Stark : Les réformes mises en œuvre en Allemagne entre 2003 et 2005 ont été douloureuses. Pour améliorer la compétitivité, les partenaires sociaux avaient déjà fait un effort en entamant au tournant des années 2000 une modération salariale. L’Allemagne était à l’époque l‘homme malade de l’Europe et elle a repris pied. Mais vous avez raison, depuis 2005, il n’y a pas eu une seule réforme pour renforcer la base industrielle de l’Allemagne. L’accord passé en France introduisant plus de flexibilité sur le marché du travail est une bonne chose mais il ne suffit pas. Le pays perd son industrie car elle n’est plus compétitive.
Arnaud Montebourg : La politique allemande de maintien des outils industrielspendant la crise m’inspire beaucoup. Je pense au chômage partiel utilisé au moment où l’économie était à l’infarctus, en 2008 et 2009. La France et l’Allemagne, c’est 92% du PIB chinois donc c’est une puissance qui est capable d’être numéro 1 mondial au plan industriel et de le rester durablement si nous prenons un certain nombre de décisions en commun. Nous pouvons faire la réorientation de l’Europe, non pas autour des enjeux monétaires, financiers et comptables mais autour des enjeux de réindustrialisation, ce qui suppose de changer de priorité en portant un plan europeen de croissance plutôt que d’austérité..

Existe-t-il un protectionnisme intelligent ?
Arnaud Montebourg : Dans la mondialisation déloyale, il faut utiliser tous les leviers et nous mettre au niveau de nos compétiteurs. Restaurer la loyauté de la concurrence en fait partie. Les Américains, les Brésiliens, les Chinois, les Canadiens, les Africains prennent des mesures pour protéger leurs marchés. Qui sont ceux qui ne le font pas et sont les naïfs du village mondiale pour reprendre l’expression du Commissaire Michel Barnier ? Ce sont les Européens. Mais nous commençons à nous faire entendre et je me félicite de la coopération que j’entretiens avec Monsieur Rösler sur certains dossiers. Mais l’Union européenne est enfermée dans une tradition excessivement libre echangiste qui l’affaiblit industriellement. Nous avons été balayés par le dumping chinois dans le photovoltaïque. La commission européenne se réveille maintenant et s’apprête à prendre des mesures à la demande des industriels de nos deux pays, mais après que le secteur ait été détruit.
Jürgen Stark : Il y a toujours de bonnes raisons politiques de protéger les producteurs ou les consommateurs. Mais au bout du compte, cela revient à gâcher du potentiel de croissance. Je ne suis pas un ultralibéral mais je suis convaincu que le commerce mondial n’est pas un jeu à somme nulle. Il profite à tous. Et si les Européens veulent se plaindre du protectionnisme des autres pays, qu’ils portent l’affaire de manière offensive devant l’Organisation mondiale du commerce, présidée par un Français. Et ils feraient bien de conclure le round de négociations actuelles pour mettre un terme au protectionnisme latent.
Arnaud Montebourg : Restera le problème des taux de change. Les autres pays utilisent leur monnaie comme instrument de politique économique et nous non. Nous avons besoin d’une Banque centrale européenne (BCE) qui recherche le meilleur taux de change soutenant la compétitivité des entreprises des régions qui sont en train de se réformer, comme la France, l’Espagne ou l’Italie. Je crains même qu’une hausse de 10% vienne détruire tous les efforts de compétitivité accomplis ces derniers mois.
Jürgen Stark : Le taux de change ne détermine pas à lui seul si un produit est compétitif ou pas. Les coûts du travail et les facteurs hors-prix sont plus importants. Il y a une différence fondamentale entre les PME françaises et allemandes : les allemandes se sentent à la maison sur le marché mondial, ce sont des « global players ». Elles sont très innovantes et orientées vers le client. Malgré l’appréciation de l’euro depuis 2002, elles ont maintenu leurs parts de marché. Leurs collègues françaises en revanche ont beaucoup plus de mal à trouver accès à d’autres marchés.
Arnaud Montebourg : Vous oubliez que les peuples d’Europe sont au bout de leurs forces. Ils ont l’impression que l’Europe se retourne contre eux. Les partis anti-européens deviennent plus forts : Alternative pour l’Allemagne, le Front national en France, en Italie, Beppe Grillo mobilise contre l’euro avec son « Vaffanculo Day »… Face à cette crise historique, nous devons réagir de façon pragmatique et observer ce qui se passe à l’étranger. Aux Etats-Unis, la banque centrale achète massivement de la dette publique, tout comme au Japon où elle est de nouveau politique. La Banque d’Angleterre fait des chèques au gouvernement pour éviter d’infliger des souffrances supplémentaires au peuple. La pensée évolue, les dogmes tombent les uns après les autres et j’observe que la BCE elle-même, vous en savez quelque chose, n’est plus sourde à cette question, même si, engoncée dans ses statuts, elle reste trop timide.

Vous oubliez Mario Draghi, qui a dit qu’il était prêt à faire tout pour sauver l’euro…
Arnaud Montebourg : Au contraire, je veux rendre un hommage au président de la BCE, mais je veux aussi qu’il agisse enfin plus fort et plus loin. C’est le seul moyen de concilier l’assainissement des comptes publics et la croissance. De cette façon, nous pourrons réindustrialiser nos pays et rendre l’Europe de nouveau attractive. Nous créons de l’optimisme en Europe.
Jürgen Stark : Je reste calme. La crise est trop grave pour argumenter de façon irresponsable. Son origine vient du fait que la monnaie commune a été introduite dans trop de pays et l’euro les a dispensé de faire les réformes nécessaires. C’est vrai pour plusieurs pays, pas pour la France d’ailleurs. C’est un peu court de voir une solution miracle dans les achats d’obligations d’Etat. Même les Américains se demandent si la reprise créée de façon artificielle sera durable. Faire marcher la planche à billets n’aide pas ! L’excès de liquidité crée une nouvelle bulle spéculative. Les records sur les marchés actions ne sont pas justifiés sur le plan économique. Au Japon aussi, on assistera à de nouvelles bulles immobilières ou boursières.
Arnaud Montebourg : Même l’OCDE salue cette politique monétaire japonaise pourtant.
Jürgen Stark : La repolitisation des banques centrales est un fait. Mais elle remet en cause notre système monétaire car l’argent créé par la planche à billets n’a de valeur que grâce à la confiance placée dans la banque centrale. Si vous diluez l’indépendance de celle-ci, vous détruisez cette confiance. Par quoi voulez-vous remplacer le système monétaire actuel ?
Arnaud Montebourg : la politique monétaire d’assouplissement quantitatif a produit des effets bénéfiques aux Etats-Unis, vous le reconnaissez. Nous sommes donc d’accord. Nous ne savons pas si c’est durable et, au Japon, les effets ne sont pas encore mesurables. Mais le risque inflationniste est nul et donc la politique monétaire européenne peut donc enfin le faire! L’économiste français Jean-Paul Fitoussi a dit de façon très juste que les banques centrales indépendantes étaient comme des « dictatures éclairées ». Mais ajoutait il « que se passerait-il si la dictature éclairée vient à s’obscurcir ? »
Jürgen Stark : Je reconnais cela, c’est l’ADN français qui parle !
Arnaud Montebourg : Peut être mais Fitoussi ne parlait pas de Draghi, mais du français Jean-Claude Trichet.

La politique de la BCE n’est-elle pas parvenue à calmer les marchés et faire baisser les taux d’intérêt ?
Jürgen Stark : Les problèmes structurels ne sont pas pour autant réglés. Je suis critique par rapport à l’annonce de Mario Draghi car les achats de dette souveraine réduisent la pression à réformer. Et ils ne sont pas prévus par le mandat de la BCE. Si la BCE estime que sa politique monétaire ne fonctionne pas, elle doit agir. Mais elle ne doit pas soumettre son action à des conditions que les gouvernements doivent remplir. Cela détruit son indépendance. Celle-ci remonte aux graves expériences faites avec l’inflation dans les années 1970. Cet épisode a été suivi dans les années 1980 d’un changement de paradigme dans la politique monétaire avec un mandat plus étroit pour les banques centrales indépendantes. En ce moment, nous avons à faire à un nouveau changement de paradigme. Il semble que cette indépendance était un épisode. Mais au bout du compte, nous aurons de mauvaises surprises. Même s’il n’y a pas de tension inflationniste sur les prix à la consommation, comme vous le dites, nous sommes en présence d’un risque de bulle sur les prix des actifs. Et si vous parlez de dictature…
Arnaud Montebourg : Je ne cite que Fitoussi…
Jürgen Stark : Je sais, mais je rejette clairement cette formulation. La mission de la banque centrale est limitée à un objectif, la stabilité des prix. C’est sur cela qu’est basée sa légitimité démocratique, comme l’ont décidé les Parlements. Ni la démocratie, ni la souveraineté ne sont en danger. La répartition des rôles et des responsabilités entre les acteurs doit être claire.

On assiste à une rupture profonde. Si la France veut changer les règles sur lesquelles sont basées la zone euro, y a-t-il une possibilité de s’entendre avec l’Allemagne ?
Arnaud Montebourg : Nous pouvons analyser les problèmes ensemble. Monsieur Stark reconnaît, comme moi, qu’avec l’assouplissement monétaire, la croissance est revenue aux Etats-Unis et qu’il n’y a pas de risque inflationniste. Le danger d’une bulle sur les actifs, nous pouvons et devons le combattre avec une régulation financière draconienne. Si on regarde les problèmes de façon pragmatique, on voit que la BCE est enfermée dans la rigidité de ses statuts. La dangereuse crise politique dans l’Union devrait nous conduire à faire preuve de pragmatisme et prendre en compte la colère des peuples. Nous devrions réagir de façon intelligente et flexible. En interprétant le mandat de la BCE de manière intelligente, nul n’est besoin de modifier les traités. Mario Draghi a commencé d’en faire la démonstration dans l’intérêt de notre économie européenne.
Jürgen Stark : Je ne me suis pas bien fait comprendre. Une interprétation intelligente est un euphémisme signifiant la rupture de règles importantes. Dans ce cas, vous devez dire quelle banque centrale et quelle union monétaire vous voulez. Vous courrez le risque d’approfondir la fracture qui est en train de se creuser dans la zone euro. J’ai parlé de l’ADN français, mais ce que vous proposez touche à l’ADN allemand. Dans votre admiration de la Fed, vous oubliez que la BCE a elle aussi eu recours à d’autres instruments en baissant les taux directeurs.

Mais les taux restent très différents au sein de la zone euro…
Jürgen Stark : La Commission européenne explique elle aussi cela par les problèmes des banques du Sud. Elles ont un portefeuille désavantageux et n’ont pas encore purgé leurs crédits à risque. On ne peut pas compenser cela avec une politique monétaire unique. Si tout le monde avait respecté les règles, nous ne serions pas aujourd’hui dans cette situation fatale.
Arnaud Montebourg : Mon inquiétude est que beaucoup de peuples d‘Europe ne veuillent plus supporter la mise en œuvre d’office des règles et disent « au revoir » à l’euro, et même à l‘Europe. C’est pourquoi il n’y a pas d’autre solution que d’agir de manière pragmatique et coopérative entre les Etats de la zone euro. Nous devons poursuivre ce dialogue. Nous arrivons finalement comme dans cet entretien, à des rapprochements. Je suis très heureux des échanges que j’ai avec mon collègue Philipp Rösler et de nos accords. Il y a aussi des divergences importantes qu’il faudra résorber. Mais dans l’analyse et dans le souci de l’Europe, nous sommes en harmonie. Nous devons et pouvons travailler à une entente pour préserver l’avenir de l’Europe.
Jürgen Stark : J’ai beaucoup apprécié de discuter avec vous. La France et l’Allemagne doivent se serrer les coudes. Il y a toujours eu des épreuves de vérité, comme la politique de la chaise vide pratiquée par de Gaulle dans les années 1960. Nous ne devons donc pas perdre de temps, ne pas attendre des changements de manière tactique, çà et là, mais sonder par le biais du dialogue la manière dont nous pouvons avancer. Il y a une suggestion qui consiste à accélérer l’intégration et de transférer plus de souveraineté vers l’Europe. Je vois les réserves de la France. Mais si nous voulons faire avancer l’Europe, la question n’est pas celle des puissances nationales, nous devons encourager nos points communs. La France et l’Allemagne ensemble.

Jürgen Stark
Pour l’ancien économiste en chef de la Banque centrale européenne, réputé pour son orthodoxie, la relation franco-allemande a commencé avec un échange linguistique en Picardie, à l’âge de quatorze ans. Il est convaincu que, face à la crise,« la France et l’Allemagne doivent se serrer les coudes » et avancer par le dialogue.

Arnaud Montebourg
Pour le ministre du Redressement productif, la relation franco-allemande, « c’est l’histoire de tous ceux qui sont nés après-guerre, une réconciliation définitive, un mélange de famille, de territoires jumelés. J’ai une cousine très proche qui s’est mariée avec un Allemand. J’ai eu avec lui des débats très enflammés. »

Propos recueillis par , (« Handelsblatt ») et
Catherine Chatignoux

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