Google+ Montebourg 06: Esprit du Bourget, es-tu là ?

vendredi 15 février 2013

Esprit du Bourget, es-tu là ?

Depuis le début du quinquennat, si les engagements sociétaux sont tenus et saturent l'espace médiatique, si le changement semble véritablement à l'œuvre en matière de santé, de logement, d'éducation ou de justice et si François Hollande est irréprochable dans la représentation de la France à l'étranger, la politique économique, elle, constitue le véritable talon d'Achille du retour de la gauche au pouvoir.

Le volontarisme politique et l'interventionnisme d'Arnaud Montebourg ont été stoppés net dans leur élan avec le désaveu public que lui a inutilement infligé Jean-Marc Ayrault. Ce coup d'arrêt, au moment même où le recours possible à la nationalisation temporaire comme outils de réaffirmation de la souveraineté industrielle de la France trouvait un véritable écho populaire et obtenait l'adhésion au-delà des positions partisanes, est le symptôme d'une gauche qui s'auto-censure. Le gouvernement se prive de ses meilleures armes pour lutter contre une mondialisation aussi déloyale que destructrice et Florange restera comme le moment de l'auto-mutilation politique du changement.

Si le vaste plan de relocalisation avec la création de l'Agence Française des Investissements Internationaux (AFII) et le lancement de la "marque France" démontrent qu'Arnaud Montebourg poursuit malgré tout son ambitieuse politique de redressement productif (lire ici), plusieurs signaux négatifs sont venus ternir la crédibilité du gouvernement à lutter réellement contre le monde de la finance : le sous financement de la Banque Publique d'Investissement, l’absence de contreparties significatives au pacte de compétitivité, la hausse coupable de la TVA et l’inexcusable retard dans la lutte contre les fermetures de sites rentables et les "licenciements boursiers".

François Hollande dans son Discours du Bourget, il y a plus d’un an déjà, le 22 janvier 2012, déclarait : « Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. »

Nombreux sont ceux depuis qui ont eu le courage et la clairvoyance de tirer la sonnette d’alarme. Plus de 80 parlementaires ont signé une pétition de soutien à Arnaud Montebourg dans son projet de « contrôle public temporaire » du site de Florange (lire ici). Une motion allant dans ce sens est actuellement soumise au vote et déjà approuvée par de nombreuses  fédérations du Parti Socialiste (lire ici). Une quinzaine d’élus socialistes ont interpellé François Hollande afin de modifier les priorités d’action du gouvernement et de mettre en œuvre la grande réforme fiscale redistributive promise durant la campagne (lire ici). François Kalfon appelait, lui, dans une tribune publiée dans Le Monde, le Président à revenir à « l’esprit du discours du Bourget » (lire ici).

La séparation des activités bancaires est le nouvel enjeu de cette lutte pour revenir à l’esprit du Bourget. Le 24 janvier 2012, à Toulon, François Hollande déclarait : « La première décision à prendre, c’est de séparer ce qui relève du crédit, du dépôt, bref, du service à l’économie, de ce qui appartient aux opérations de spéculation, pour que les dépôts des épargnants ne soient pas utilisés à d’autres fins que le prêt à l’économie. Ce sera terminé ! Cette séparation sera faite.»

Alors que la Grande-Bretagne menace les banques d’une séparation totale de leurs activités (lire ici), alors que l’Allemagne vient de voter une loi en la matière (lire ici), Pierre Moscovici propose, en France, une loi ne concernant, concrètement, que 0,75% des activités bancaires (lire ici) !
« Coquille vide », « affichage », « mensonge », « soumission aux lobbys financiers », « capitulation », « social libéralisme », « renoncement » ou « trahison », de quoi cette loi est-elle le nom ?

Lors de l’entre-deux tours des primaires ouvertes de 2011, Arnaud Montebourg avait écrit aux deux candidats présents au second tour et François Hollande, dans sa réponse, le 13 octobre 2011, stipulait :

« Mes propositions pour reprendre le contrôle d’un système qui vacille sont souvent proches des tiennes. Comme toi, je considère que ce sont les responsables de la crise actuelle, c'est-à-dire les banques et le système financier, qui doivent en assumer les conséquences et non les contribuables.

(…) Dans cet esprit, il sera de ma responsabilité de faire en sorte que les banques reviennent à leur vrai métier : financer l'économie réelle, notamment les PME. 

Enfin, je propose d'interdire purement et simplement aux banques les activités spéculatives les plus risquées, qui ne contribuent pas au bien-être collectif, notamment les ventes à découvert. 

La séparation des banques de dépôts et des banques d'investissement est in fine la meilleure garantie que les banques cessent d'utiliser les comptes courants de leurs clients à des fins spéculatives. » (lire ici).

Un appel pour une véritable séparation des activités bancaires a été lancé, entre autres, par le collectif Roosevelt 2012, le MJS et l’Appel des appels (lire ici). Pouria Amirshahi et les parlementaires de « La Gauche durable » ont publié dans Libération sept initiatives pour muscler la loi bancaire (lire ici). Les députés socialistes, Karine Berger en tête, sont désormais contraints de monter au créneau afin de durcir cette loi et de lutter contre l’exécutif de Bercy pour appliquer l’engagement de campagne n°7 de François Hollande (lire ici) !

Engagement n°7 : Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi, de leurs opérations spéculatives. J’interdirai aux banques françaises d’exercer dans les paradis fiscaux. Il sera mis fin aux produits financiers toxiques qui enrichissent les spéculateurs et menacent l’économie. Je supprimerai les stock-options, sauf pour les entreprises naissantes, et j’encadrerai les bonus.  Je taxerai les bénéfices des banques en augmentant leur imposition de 15 %. Je proposerai la création d’une taxe sur toutes les transactions financières ainsi que d’une agence publique européenne de notation.

Cet engagement, comme les 59 autres, n’est pas une promesse de campagne, c’est un « engagement ». Et cet engagement n’est pas seulement l’engagement de l’individu François Hollande, c’est celui de tous ceux qui ont fait cette si belle campagne présidentielle, dans la rue, sur internet, Facebook ou Twitter. Oui, vous tous, militants, sympathisants, qui êtes allés voir les électeurs chez eux en faisant du porte à porte, vous qui êtes allés sur les marchés, distribuer des tracts. Vous qui en avez parlé en réunions publiques. Vous qui avez essayé de convaincre votre famille, vos amis, vos voisins ou vous collègues de voter François Hollande, vos 60 propositions en poche, prêts à dégainer l’argument de la lutte contre la spéculation financière pour venir à bout des plus récalcitrants. Vous tous, comme moi, vous vous êtes engagés. Aidons François Hollande, les membres du gouvernement, nos parlementaires, à tenir notre engagement. Mobilisons-nous !

Pour signer l'appel pour une vraie séparation des banques d'affaires et des banques de dépôts, cliquez ici

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire