Google+ Montebourg 06: Florange : l'Etat face à la mondialisation

samedi 24 novembre 2012

Florange : l'Etat face à la mondialisation

L'affaire des hauts fourneaux de Florange est symptomatique d'une lutte profonde, aux enjeux déterminants pour notre pays.

Arcelor, deuxième groupe sidérurgique mondial a été racheté par Mittal, groupe industriel appartenant à un homme d'affaire indien, Lakshmi Mittal.
Arcelor-Mittal a annoncé la fermeture d'une partie du site de Florange, menaçant ainsi 630 emplois.

La difficulté réside dans le fait que les repreneurs intéressés souhaitent reprendre tout le site  pour le moderniser, et non seulement la partie la moins rentable laissée par Mittal (lire ici).


Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, après avoir obtenu un délais supplémentaire pour trouver un repreneur, a engagé un véritable bras de fer avec le groupe indien.
Il a tout d'abord rappelé que Mittal devait 1,3 milliards d'euros au fisc français (lire ici) et qu'il bénéficiait de largesse dans toute l'Europe. Mettant une pression supplémentaire sur l'industriel, il a ajouté : « Les gouvernements européens que j'ai rencontrés, le Luxembourg, la Belgique, en ont assez d'être menés par le bout du nez par ArcelorMittal » (lire ici).

En réponse, Mittal a laissé entendre que la cession de l'ensemble du site de Florange aurait pour conséquence la cession de toutes les activités du groupe en France et donc la fermeture du site de Dunkerque et la perte de plus de 20 000 emplois.

Hormis l'opposition temporaire de Michel Sapin, Arnaud Montebourg est soutenu dans sa démarche même si beaucoup attendent son échec (lire ici). 

Ce qui est en jeu, au-delà du devenir politique personnel d'Arnaud Montebourg, c'est la capacité d'intervention de l'Etat français face un groupe industriel, en l'ocurrence le numéro un mondial de l'acier, à déterminer sa propre politique industrielle. Autrement dit, l'Etat est-il décideur, souverain, peut-il encore mettre en oeuvre une stratégie industrielle et économique propre, ou est il déjà trop dépendant du bon vouloir des industriels privés ?

Mittal, en souhaitant se débarrasser de la partie la moins rentable du site de Florange, en refusant soit de la conserver en la modernisant, soit de céder la totalité du site, empêche toute reprise et prive la France de l'un de ses sites sidérurgiques les plus importants. Outre que la stratégie de Mittal commence a être contestée (lire ici), cette décision entre en conflit direct avec l'intérêt de la France.

Si l'on prend encore du recul, et au-delà, cette fois-ci, du cas français, c'est la part de souveraineté industrielle et économique d'un Etat face la mondialisation qui est en jeu.

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