Google+ Montebourg 06: Arnaud Montebourg fustige la politique de Pascal Lamy

jeudi 25 octobre 2012

Arnaud Montebourg fustige la politique de Pascal Lamy

Attaqué violemment par Pascal Lamy, directeur de l'OMC, sur ses positions protectionnistes, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, revient à la source du problème : le libre échange dérégulé. Il remet ici en question la position idéologique de l'OMC, organe majeur de la gouvernance économique mondialisée et ses conséquences désastreuses pour l'emploi en Europe : "Le bilan du libre échange mondial proposé par l'OMC est un désastre".
On se souvient également que Lamy et Montebourg avait déjà croisé le fer durant les primaires sur le concept de démondialisation...

Article de Richard Hiault publié dans La Tribune le 22.10.12 :

Le ministre du redressement productif a attaqué l'OMC et son patron en fustigeant le fait que la Chine est entrée dans l'organisation avec d'énormes avantages concurrentiels responsables des difficultés de l'industrie française.

AFP
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Rififi au sein de la majorité. Ce matin, en réponse aux critiques formulées par le Directeur Général de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), Pascal Lamy, samedi, le ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, l'a appelé, sur France Info, à mettre fin aux déséquilibres « scandaleux » du libre-échange. « Je suggère à Pascal Lamy de s'occuper de rééquilibrer les rapports déséquilibrés existant entre des nations industrielles pour défendre aujourd'hui l'industrie française et européenne », a-t-il déclaré. « Le bilan du libre-échange mondial proposé par l'OMC est un désastre ». « On a laissé entrer la Chine dans l'OMC sans aucune contrepartie (...). Il y a dix ans, on avait zéro déficit avec la Chine. Aujourd'hui, la France a 25 milliards de déficit avec la Chine, l'Allemagne 22 milliards et la zone euro 150 milliards », a-t-il poursuivi. « Si nous avons perdu des centaines de milliers d'emplois dans l'industrie, c'est aussi parce qu'il y a une concurrence déloyale et une mondialisation scandaleusement déloyale. Il faut y mettre fin », a martelé le ministre français.
 

Samedi, Pascal Lamy avait mis en garde contre tout « protectionnisme patriotique » à la suite de la publication d'une photo d'Arnaud Montebourg en Une du magazine du parisien vantant le « made in France ». « Je n'ai rien contre le patriotisme économique. Par contre, si ça doit se transformer en protectionnisme patriotique, alors là, non parce que l'économie internationale aujourd'hui suppose que pour bien exporter, vous importiez plus », avait déclaré sur Europe 1 le patron de l'OMC.
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Avantages obtenus par la Chine

Quelques jours plus tôt, dans une interview accordée à l'hebdomadaire Le Point, ce dernier avait insisté sur le fait que « la France est le pays européen qui aurait le plus à perdre de mesures protectionnistes aux portes de l'Europe. Là où ses entreprises tirent leur épingle du jeu, c'est justement en dehors de l'Europe. C'est là que les industriels français vont encore chercher de la croissance et où nous avons le moins à rougir de l'évolution de notre balance commerciale».
Il reste que le sujet sur la Chine est bien réel. Et Arnaud Montebourg n'est pas le seul à pointer les avantages obtenu par l'Empire du Milieu lors de son entrée dans l'OMC. L'administration américaine -tant sous celle de Georges Bush que de Barack Obama -n'a cessé de tempêter contre l'énorme avantage concurrentiel procuré par une devise nettement sous-évaluée. Washington n'a pourtant jamais franchi le pas, ni au Congrès ni au Trésor américain, en reconnaissant officiellement la Chine comme pays manipulant sa monnaie. Il est vrai que, depuis quelques années, Pékin a concédé un peu de terrain en laissant le yuan s'apprécier contre le dollar. En outre, les excédents commerciaux chinois se sont nettement réduits. Certes, sous l'effet, en majorité d'une baisse des exportations vers les pays riches encalminés dans une crise durable induisant une faible croissance voire une récession. Tant et si bien que les déséquilibres globaux de l'économie mondiale, régulièrement pointés du doigt par le forum du G20 ont commencé à se résorber. Mais l'ampleur demeure encore faible et le mal dénoncé par Arnaud Montebourg est fait.

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