Google+ Montebourg 06: Polémique autour des HLM vacants à Nice

mardi 19 juin 2012

Polémique autour des HLM vacants à Nice

Article publié sur Le Monde.fr le 14.06.12, avec AFP :



L'association Droit au logement (DAL), qui marquait, jeudi 14 juin, la création à Nice de son comité des Alpes-Maritimes, a annoncé qu'elle allait demander au ministère du logement une enquête pour expliquer la vacance de 3 000 logements sociaux dans la ville du maire UMP Christian Estrosi.

"La Ville de Nice détruit des logements sociaux au fur et à mesure qu'elle en construit" et aujourd'hui, "3 000 logements sociaux seraient vides !", a dénoncé le porte-parole national de DAL, Jean-Baptiste Eyraud, évoquant une situation"scandaleuse""Comment se fait-il qu'il y ait autant de logements vacants alors que la liste d'attente est si longue [pour obtenir des HLM] ?", a-t-il poursuivi, avant d'annoncer qu'il allait "demander au ministère du logement une enquête sur ces HLM qui sont inoccupées".
Derrière une banderole "Droit au logement pour tous", une cinquantaine de militants ont manifesté en déambulant dans la ville de 10 heures à 11 heures, au cri de "Un logement, c'est un droit""Un toit, c'est la loi", ou encore "Application de la loi de réquisition". Les militants se sont également déplacés sur les sites de deux hôtels désaffectés afin de réclamer leur réquisition et de dénoncer les 57 000 logements vacants et inutilisés qui existeraient dans les Alpes-Maritimes et les 23 000 recensés sur Nice, selon une étude Insee de 2008.
SEULEMENT 700 HLM INOCCUPÉES, SELON LA VILLE
Des affirmations que l'adjointe au maire de Nice déléguée au logement, Dominique Estrosi-Sassonne (UMP), a dénoncées jeudi comme "mensongères""Depuis 2008, le logement est devenu une de nos priorités", s'est-elle défendue, "nous avons fait des efforts considérables" dans les Alpes-Maritimes qui "par le passé n'ont pas été un département très volontariste".
La présidente de Côte d'Azur Habitat, principal bailleur social du département, a rappelé qu"'ici, 70 % de la population peut prétendre à un logement social". Quelque 8 700 demandes seraient en attente.
Selon Mme Estrosi-Sassonne, les informations de DAL concernant les 23 000 logements inutilisés à Nice "sont erronées". Il y aurait seulement 700 HLM inoccupées dans le parc de Côte d'Azur Habitat : 400 vacants définitivement car situés dans des bâtiments destinés à être démolis d'ici 2014 et 300 temporairement en raison notamment de travaux de réhabilitation.
 DES ACCUSATIONS "MENSONGÈRES"
Quant à l'étude de l'Insee, elle serait imprécise. "Quand vous enlevez les locaux professionnels, les résidences secondaires, les caves, les cabanes et les garages, vous arrivez à 2 000 logements privés vacants" à Nice et non 23 000, assure-t-elle. Et puis, a-t-elle rappelé, les propriétaires de ces 2 000 logements"sont libres de les laisser vacants. Le droit de propriété existe." A ses yeux, la solution ne réside pas dans la réquisition réclamée par DAL, mais dans "la construction de nouveaux logements".
Selon elle, les 46 communes de la métropole Nice-Côte-d'Azur ont "produit entre 1 100 et 1 200 logements sociaux par an depuis 2009, dont plus de 800 [dans] la seule ville de Nice". Quant aux accusations de "clientélisme", elles sont"mensongères", dit l'élue, en relevant que la commission d'attribution de Côte d'Azur Habitat est "transparente et indépendante".
 DEUX FEMMES BLOQUENT UNE GRUE
Le même jour, une famille réclamant des logements HLM plus adéquats a justement investi jeudi à 6 h 30 une grue de chantier dans le quartier du port de Nice pour réclamer les logements plus grands.
Deux femmes de 26 et 30 ans se sont installées à une quinzaine de mètres de hauteur dans l'escalier central de la grue, entraînant le blocage du chantier. Au pied de la grue, le père des deux jeunes femmes, Franck Keyklicek, un veilleur de nuit de 57 ans, accompagné de sa femme, réclamaient sur des pancartes en carton le droit au logement pour leurs enfants. "Les mauvaises conditions de logement mettent en cause la vie familiale", indiquait une pancarte. Le couple, qui a élevé dix enfants, réclame des logements plus grands pour deux de leurs filles.
L'une d'elles, Aurélia, 27 ans, qui travaille à la mairie de Nice et vient d'accoucherde son deuxième enfant, dispose d'un studio HLM. "Je vis dans un studio avec deux enfants, ça fait deux ans que j'ai fait la demande d'échange, mais je n'ai aucune proposition. Ce n'est pas vivable", a-t-elle confié, en regardant ses deux sœurs juchées sur la grue par solidarité. Elles ont finalement accepté dedescendre de la grue après avoir réussi à obtenir un rendez-vous avec la mairie

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