Google+ Montebourg 06: Emmanuel Todd : "Cette réaction de l’oligarchie de l’Europe révèle le risque d’une évolution vers ce que j’appellerais l’eurofascisme."

jeudi 3 novembre 2011

Emmanuel Todd : "Cette réaction de l’oligarchie de l’Europe révèle le risque d’une évolution vers ce que j’appellerais l’eurofascisme."

Interview publiée sur Le Progrès.fr le 3 novembre 2011 :
Papandréou est-il un grand démocrate ou un irresponsable ?
C’est quelqu’un qui n’a pas le choix. « L’accord » octroyé aux Grecs ne leur est pas si favorable, et il implique une mise sous tutelle de l’Etat grec : il est donc normal que Georges Papandréou demande au peuple grec s’il est d’accord pour passer sous un régime de protectorat européen.
Mais il est traité d’irresponsable…
Cette réaction de l’oligarchie de l’Europe révèle le risque d’une évolution vers ce que j’appellerais l’eurofascisme. Le service de la dette est une mise sous rançon des populations, une technique de prélèvement autoritaire par le biais de l’appareil d’Etat. Si on ajoute la défiance à l’encontre de l’autonomie des peuples…
En mai 2010, vous évoquiez dans « Le Progrès » la fin de l’euro. Nous y sommes ?
Bien sûr. Car les nations existent indépendamment de la volonté des élites comme des volontés populaires, avec des histoires, des rythmes, des styles différents. Face à ces divergences, le seul fonctionnement possible de l’euro serait que l’un des acteurs impose sa volonté aux autres. On pense à l’Allemagne, mais elle est vieillissante, et la Bundeswehr n’est pas la Wehrmacht. Nous n’avons donc rien à redouter des Allemands, mais tout à craindre pour l’avenir de l’euro.
Et Nicolas Sarkozy ?
Il a cru pouvoir chercher une nouvelle légitimité dans l’Europe. Mais l’action européenne est la plus dangereuse de toutes, car on s’y heurte aux forces puissantes de l’Histoire. Nicolas Sarkozy vient d’être battu par l’Histoire avant même d’affronter le candidat socialiste.

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