Google+ Montebourg 06: Arnaud Montebourg : Les marchés financiers contre la démocratie

mardi 15 novembre 2011

Arnaud Montebourg : Les marchés financiers contre la démocratie

" Etonnante évolution historique. Ce n’est pas la gauche qui a congédié Silvio Berlusconi mais les marchés financiers. Ce sont aussi eux qui ont congédié George Papandreou, le Premier Ministre socialiste grec. A chaque fois, le même scénario se met en place : un gouvernement technique ou « d’union nationale » se met en place. En Grèce, il comprend, sous la direction de l’ancien Vice-Président de la BCE, Monsieur Papademos, un petit parti d’extrême droite orthodoxe et antisémite : le LAOS. En Italie, c’est l’ancien Commissaire européen, Mario Monti, proche de la droite italienne, qui devrait composer un gouvernement technique pouvant intégrer ou cherchant le soutien de toutes les composantes de la vie politique transalpine, des anciens du MSI comme Monsieur La Russa au « centre-gauche » en panne d’idées et de stratégie. Une fois de plus, alors que certains voulaient revenir aux urnes, une sorte de consensus des élites a abouti à la constitution d’un gouvernement technique mais nullement à la consultation des citoyens.

L’écho du « lâche soulagement » des élites devant la composition de ces gouvernements techniques trahit la profonde incurie qui préside désormais aux destinées de l’Union européenne. Je rejoins quant à ce point, le diagnostic déjà formulé par mon ami Emmanuel Todd d’une hostilité croissante de nos élites envers la démocratie. Récemment, nous avons vu naître des polémiques relatives à la possible organisation d’un référendum en Grèce. Les opposants d’hier à ce référendum préfèrent voir aujourd’hui l’extrême droite accéder au gouvernement grec pour la première fois depuis… la chute des Colonels en 1974. Personne ne réagit. Les démocrates sont atones. Pis, certains semblent se satisfaire de la situation…

Si les démocrates eux-mêmes ne croient plus aujourd’hui à la démocratie, qui demain la défendra ? Si la voix du peuple est à ce point insupportable que le recours aux élections devient illégitime aux yeux de nos élites gouvernantes qu’adviendra-t-il de nos systèmes démocratiques ?

Le courage c’est de dire la vérité a enseigné Jaurès qui pressentait voici tout juste un siècle l’immense conflagration qui devait ouvrir l’histoire du XXème siècle. La vérité aujourd’hui est assez dramatique. Nous avons déjà vu la profonde incurie dans la gestion de l’Euro. Aucune réforme des statuts de la BCE permettant de monétiser la dette. Aucune audace économique. Au contraire, le discours de notre Premier Ministre s’apparente à un discours de contrition nous incitant à payer pour nos péchés. Aujourd’hui, la situation est encore plus que préoccupante. Non seulement, nos gouvernements sont inaptes à faire face à la crise financière mais en plus elles semblent se détacher de plus en plus de l’idée démocratique.

A la Gauche française d’être à la hauteur de l’histoire : Apporter les réponses à la crise financière et donner une perspective démocratique à notre peuple. Sans quoi, je le crains, l’avenir risque d’être sombre. "

Arnaud Montebourg

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