Google+ Montebourg 06: Les arguments fallacieux du libre échange-2-

dimanche 4 septembre 2011

Les arguments fallacieux du libre échange-2-

2eme argument :
“L’ouverture de nos marchés serait une condition préalable de l’accès des pays pauvres au développement”
Encore un argument acceptable dans son principe mais dénué de force pratique.
A quelques exception près,toutes les expériences passées de développement économique ont pris appui principalement sur le marché intérieur et accessoirement sur les exportations.
Mais même lorsque les exportations ont joué un rôle important à l’instant du décollage,la demande interne connaissait déjà une forte croissance.
Pour qu’une économie soit capable d’exporter des produits élaborés et non seulement des produits de base,il faut que son système de production soit parvenu au préalable à former un réseau complexe de relations interindustrielles,unissant des fabricants de produits exportables à tout un ensemble de fournisseurs locaux.
L’ouverture inconditionnelle des marchés des pays riches aux productions des pays pauvres ne garanti en rien que des tissus économiques cohérents parviendront à se nouer.
A l’exemple de ce que certains appellent le scandale du coton,il faudrait mettre fin aux subventions que les USA accordent à leurs producteurs de coton pour leur permettre de soutenir la concurrence des pays producteurs pauvres d’Afrique ou d’Amérique Latine.
Mais ce plaidoyer en faveur des paysans pauvres équivaut à un plaidoyer en faveur de la basse rémunération du travail humain.
La liquidation des subventions américaines aurait un sens si elle offrait la perspective d’une hausse du prix du coton mondial.On peut craindre au contraire que le privilège commercial accordé au pays pauvres ne consiste en fait qu’à les maintenir dans un statut non avoué d’économie coloniale produisant à bas prix le coton destiné à être transformé par les chinois ou indonésiens.
Ne vaudrait-il pas mieux aider les pays pauvres à former patiemment une économie locale,modeste à ses débuts, mais cohérente,qui chercherait à pourvoir les marchés locaux en produits plus élaborés mais à la portée de leurs entreprises ?
Tout bien considéré,ce deuxième argument est d’essence idéologique.

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