Google+ Montebourg 06: les arguments fallacieux du libre échange -2-

vendredi 2 septembre 2011

les arguments fallacieux du libre échange -2-

1er argument:
“L’ouverture réciproque des marchés est la condition d’une concurrence aussi large et aussi intensive que possible”
Les arguments protectionnistes ne seraient que des alibis pour des économies non compétitives,principalement intéressées à se protéger de concurrents plus efficaces.
Faisons observer que le choix n’est plus aujourd’hui entre le protectionniste étroitement national et une libération graduelle des échanges internationaux,mais entre la liberté tous azymuths de circulation de marchandises exportables,qui nous a été imposé,et une régulation des échanges destinée tant à protéger les plus faibles- (les pays les plus pauvres encore éloignés du stade de l’émergence)-que les riches,dont les acquis économiques de plusieurs siècles d’efforts et de création sont menacés par une concurrence indue,fondée sur la sous-rémunération des ressources humaines.
Le protectionnisme dont il faudrait débattre n’est pas un protectionnisme de principe mais de circonstance.
Les partisans du libre-échange mondial pratiquent la bonne vieille politique de l’amalgame dont les partis staliniens étaient orfèvres.
Dans leurs bouches,le protectionnisme est une tentative de retour à la situation de fermeture étroite des frontières nationales,autant dire qu’il est l’expression d’un lepénisme économique.
Cet amalgame grossier n’a d’autre but que de clore par avance tout débat sur le sujet,c’est donc un devoir de l’ouvrir.
Une étude récente indique que 65% de l’accroissement des exportations chinoises entre 1994 et 2003 est imputable à des importations d’entreprises multinationales installées en Chine.Cela révèle que le ressort du libre-échange mondial s’appuie sur la délocalisation et non sur une volonté de concurrence élargie.
L’intensification des importations en provenance des pays à bas salaires étant le fait des entreprises nées dans les pays développés,chacun comprendra que la concurrence à peu a voir avec le problème.
L’expérience démontre que les mesures de protection commerciale les plus efficaces ne font entrave à la concurrence que si elles s’accompagnent de mesures d’interdiction concomitantes des investissements directs étrangers dans le pays bénéficiaire de la protection commerciale.
Après la seconde guerre mondiale,les entreprises américaines désireuses de s’implanter sur les marchés européens décidèrent de créer des établissements de production et de recherche sur le Vieux Continent.L’Europe bénéficia alors d’un flux considérable d’investissement américains accompagnés de tranfert de savoir-faire.
L’Europe du libre-échange n’existait pas.
Dans ces conditions de circulation restreinte des marchandises aux territoires nationaux, la nécessité d’accéder aux économies en reconstruction constituait déjà un motif suffisant pour entrainer ,de la part des multinationales américaines désireuses d’y écouler leurs produits,des décisions d’investissement à long terme.
A partir de cet exemple éclairant,nous voyons à quel point le protectionnisme est moins univalant que sa caricature dans les thèses libre-échangistes.

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