Google+ Montebourg 06: Montebourg : «Il faut tourner la page d'un ordre ancien»

samedi 2 juillet 2011

Montebourg : «Il faut tourner la page d'un ordre ancien»

Article de Raphael Stainville publié dans Le Figaro le 1er juillet 2011 :
Arnaud Montebourg le 27 juin dernier.

Candidat à la primaire, le député socialiste de Saône-et-Loire ne veut pas d'une compétition qui ne tournerait qu'autour des «questions personnelles».

Le Figaro Magazine La candidature de Martine Aubry est-elle de nature à changer la donne de la primaire socialiste ?

Arnaud Montebourg - Sa candidature est logique, tout comme celle de François Hollande. Toutes deuxsont légitimes. Ils ont été l'un et l'autre premier secrétaire du PS. Mais ce sont deux candidatures parfaitement identiques. Ils ont dirigé le parti ensemble, n'ont jamais marqué de désaccord l'un vis-à-vis de l'autre. Ils devraient se mettre d'accord sur une seule candidature, parce qu'ils représentent la vision sociale-démocrate traditionnelle du Parti socialiste.

Il y aurait donc une candidature de trop ?

Je ne dirais pas de trop, parce que les candidatures sont libres et que je ne souhaite pas les restreindre. Mais la primaire doit être un débat d'orientation.Onne peut pas faire une primaire avec des questions personnelles. Il faut donc de la cohérence politique dans celle-ci.

Vous craignez qu'en présence de projets similaires la primaire ne se transforme en une bataille d'ego ?

C'est un écueil qu'il faudra éviter, en effet. C'est la raison pour laquelle, en ce quimeconcerne, jemènele débat sur une vision politique, avec un projet différent, des solutionsnouvelles et plus audacieuses et, d'une certaine manière, je propose de tourner la page d'un ordre ancien. Les socialistes au pouvoir ne s'en tireront pas avec la pensée classique qui est la leur depuis maintenant vingt ans. La gauche doit changer, si elle veut changer la France.

Les candidatures de François Hollande et de Martine Aubry sont trop classiques à votre goût ?

Le socialisme de l'accompagnement de Tony Blair et de Bill Clinton, qui consiste à atténuer la révolution libérale par des programmes sociaux, a été condamné partout. Le socialisme de la redistribution est un socialisme qui risque d'être impuissant, au vu des phénomènes de surendettement des institutions publiques. C'est pourquoi je défends l'idée que les socialistes doivent inventer une nouvelle vision du système économique et ne pas la déléguer au marché et aux experts, que la finance doit être bridée et mise au service de l'économie réelle, de ceux qui travaillent, que la question de la répartition de la richesse dans l'entreprise doit être posée différemment, parce que la finance a pris le pouvoir dans l'entreprise. Je veux être Président pour transformer la France, pas seulement pour la gérer.

François Hollande considère que les agences de notation vont jouer un rôle d'arbitre dans la campagne. Cela vous choque ?

Les agences de notation ont été défaillantes et n'ont pas vu venir la crise. Elles ont surnoté des entités privées. Maintenant, elles sous-notent des entités publiques, retournant les marchés contre des Etats et leurs contribuables qui les ont soutenus. Donc je pense que les agences de notation sont nuisibles, incompétentes et déontologiquement défaillantes. Je ne suis pas contre l'évaluation, mais je préfère l'évaluation des électeurs à celle des marchés.Comme disait le général de Gaulle, «la politique de la France ne se fait pas à la corbeille», la politique de la France ne se fait pas sur Euronext.

Aubry, Royal, Hollande tous candidats : à quelques nuances près, tous les ingrédients sont réunis pour que les socialistes revivent un congrès de Reims ?

Non. La primaire, c'est un mode de scrutin impeccable et un processus de rassemblement qui prendra la forme d'une convention au mois de novembre, où les vaincus soutiendront le vainqueur, où le vainqueur tendra la main aux vaincus et où la famille des gauches présentes à la primaire se rassemblera. Je veuxque la primaire soit un moment de débat avec les Français.

Vous êtes à la traîne dans les sondages. Votre candidature n'est-elle pas une candidature de témoignage ?

Non, il s'agit d'une candidature de projet et de relève des idées nouvelles pour l'après-crise. Je fais des propositions audacieuses, plus difficiles à mettre en oeuvre que la pensée conformiste des socialistes. Par ailleurs, c'est une candidature qui a pour but de gagner.

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